Père C. Le Sourt, directeur du service national des relations avec le judaïsme

Le Père Christophe Le Sourt a accepté de répondre à quelques questions pour nous expliquer cette nouvelle mission.

 

Père, vous venez d’être nommé directeur du service national des relations avec le judaïsme auprès de la Conférence des Evêques de France. Quelle est la mission de ce service ?

Le « Conseil pour l’Unité des Chrétiens et les Relations avec le Judaïsme » confie au Service national pour les relations avec le Judaïsme une triple mission :

Premièrement une mission d’expertise,

  1. Mission d’expertise auprès des évêques au sujet de la tradition juive à la lumière des règles du dialogue avec le judaïsme ancrées dans la Tradition Magistérielle.
  2. Une expertise auprès des institutions juives au sein desquelles il est fréquemment demandé des interventions et des conseils pour les relations avec les catholiques.
  3. Une expertise afin de pouvoir apprécier les enjeux d’une actualité nationale et internationale concernant le judaïsme.

Deuxièmement, une mission de formation des acteurs du dialogue, nommés par les évêques dans leur diocèse pour les relations avec les juifs. Le service assure aussi une relation et un suivi pastoral auprès des organisations associatives engagées dans le dialogue judéo-chrétien.

Troisièmement, une mission de représentation et de soutien lors des cérémonies nationales entre catholiques et juifs ou bien entre chrétiens et juifs. Il assure la préparation de textes officiels et de communiqués sous la responsabilité du Président du Conseil, Monseigneur Didier Berthet.

Quel sera votre rôle et avec qui allez-vous travailler ?
A la suite du Frère Louis-Marie Coudray, mon prédécesseur, actuel supérieur de la Communauté des moines et moniales de l ‘Abbaye Sainte Marie de la résurrection à Abu Gosh, ma mission est d’animer et de coordonner ce Service. Je suis accueilli avec beaucoup de gentillesse. Je rencontre des personnes enthousiastes et très compétentes.

Pourquoi l’Eglise de France a-t-elle un service spécialement dédié à la question des relations entre juifs et catholiques ?
Le Concile Vatican II a impulsé une conversion du regard sur nos frères juifs. La déclaration « Nostra Aetate », en son paragraphe 4, reste une référence majeure, comme n’ont cessé de le redire avec force les papes successifs. Le Service national s’inscrit dans cette dynamique. En effet, il reste encore un immense travail à accomplir : l’assimilation de cet enseignement dans l’esprit de l’ensemble des catholiques.

Quels sont vos liens avec le judaïsme et pourquoi cet intérêt chez vous ?
La connaissance du judaïsme et les relations avec nos frères juifs me passionnent de longue date. Cet intérêt a grandi au gré des rencontres et des lectures. De surcroît, j’ai la grâce d’effectuer régulièrement des pèlerinages en Israël.

En 2020, y a-t-il des enjeux particuliers à cette relation avec nos frères et sœurs juifs ?
L’enjeu est très important. Il s’agit d’œuvrer à une meilleure compréhension pour un juste rapport dans les respect de nos identités, afin d’avancer ensemble pour être, au cœur de notre société, un exemple de réconciliation et d’une action commune en vue de bâtir un monde plus juste et pacifique.

Pouvez-vous nous dire quelques mots de la situation de la communauté juive dans la Sarthe ? Quels liens concrets existent-ils avec les catholiques ?

Nous sommes en relation très fraternelle avec la communauté juive de la Sarthe qui compte quelques familles.
Il y a, régulièrement, des rencontres. Par exemple, une fois par an, Mgr Le Saux invite à dîner quelques représentants de la Communauté juive. Nous sommes invités pour des repas de Shabbat et de Pessah.
En mai 2017, avec Mgr Le Saux, le Père Paul-Antoine Drouin et Soeur Marie-Pascale, nous sommes allés avec des familles juives en visite mémorielle à Auschwitz. Ce fut un moment particulièrement intense et bouleversant pour chaque participant.

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