lundi 25 mai 2026 -
Sélectionnez une page

La joie de la mission sous toutes ses formes

Des chrétiens témoignent de leurs missions

La mission nous transforme et nous donne la joie de servir. À l’occasion de la sortie du numéro de Pèlerins d’espérance consacré à la mission, nous avons demandé à plusieurs catholiques du diocèse de témoigner de la beauté de leur mission, quelle qu’elle soit.

Laurence, guide bénévole à la cathédrale

« Mon rôle de guide c’est d’être au service de ce message de la cathédrale pour les visiteurs et particulièrement pour les plus désespérés. »

Les groupes qui demandent des visites de la cathédrale sont très variés : depuis des catéchistes pour des enfants, jusqu’à des personnes d’un EHPAD, en passant par des scouts, des collégiens, des lycéens, des étudiants, des catéchumènes, des séminaristes, des diacres et prêtres, des religieuses, des groupes de personnes en précarité, diverses associations, etc. Cela demande de réfléchir la visite en fonction de leurs attentes et du temps imparti. C’est enthousiasmant !
J’ai toujours pensé que la visite d’un édifice religieux ce n’est pas seulement une énumération de dates et une présentation d’œuvres si belles soient-elles ; en effet, une cathédrale n’est pas un musée. Il s’agit aussi et surtout de dégager le sens de ce qu’on présente : quel est le programme iconographique de l’Esprit Saint ?
C’est pourquoi mon cœur a bondi de joie quand on m’a dit que la symbolique d’une cathédrale c’est la Jérusalem Céleste, l’espérance chrétienne, à travers statues, vitraux, etc. En ces temps si durs où tant de gens vont mal y compris des chrétiens, il importe que ces visites contribuent à nourrir leur âme et leur espérance.
Cette cathédrale de 1000 ans, qui a traversé de multiples incendies, conflits, guerres, témoigne de la foi, de la charité et de l’espérance de tant d’hommes et de femmes à travers les siècles. Mon rôle de guide c’est d’être au service de ce message de la cathédrale pour les visiteurs et particulièrement pour les plus désespérés. En effet, je suis frappée par le scepticisme, le regard éteint, le manque d’enthousiasme de bon nombre d’entre eux, et surtout des plus jeunes.
Il m’arrive de proposer à certains groupes de prier, de chanter : ils en sont heureux ! Une fois, je leur ai fait écouter du grégorien dans la chapelle des Anges : moment d’éternité…
Je considère que j’ai accompli ma mission de guide quand, à la fin d’une visite, certains visages sont lumineux, signe qu’ils ont accueilli la grâce du lieu qui nous dépasse : c’est l’œuvre de l’Esprit Saint.

Père Xavier, originaire du diocèse, prêtre Fidei Donum au Brésil

« La joie de la mission est faite de ces innombrables rencontres quotidiennes comme la visite d’une personne malade, la préparation d’un baptême ou d’un mariage »

Dans ma mission de prêtre Fidei Donum, je fais l’expérience de la grande diversité des cultures et des multiples manières de vivre et d’exprimer sa foi. Mais Je constate aussi qu’au delà de ces diversités, les grands défis, restent les mêmes : la sécularisation, le développement des moyens de communications et des réseaux sociaux et maintenant de l’intelligence artificielle qui envahissent nos vies et font que beaucoup de gens se retrouvent comme des brebis perdues, sans pasteur qui ne savent plus à qui se confier ni en qui croire. Au Brésil, il y a d’innombrables dénominations chrétiennes. Tous les jours naissent de nouvelles églises. La mission du prêtre est d’aider les chrétiens à retrouver ce qui est central, ce qui est essentiel et à avoir un regard à la fois critique et ouvert. L’essentiel dans la mission est de ne pas tomber dans la routine, mais de sans cesse se renouveler, aller à la rencontre des gens, les aider à prendre conscience de la présence aimante de Dieu dans leur vie et éveiller en eux le désir de l’aimer à leur tour et de le servir.

Je vois l’œuvre de Dieu dans la mission quand des situations qui semblaient perdues trouvent une issue inespérée. Comme par exemple une personne que l’on attendait pas, se présente pour être catéchiste alors que l’on désespérait de trouver quelqu’un. Ou quand dans un conflit qui semblait sans issue les cœurs s’ouvrent et les personnes arrivent à se retrouver, à se réconcilier. Je vois aussi l’œuvre de Dieu dans les sacrements de son Église. Quand lors d’une messe, des personnes tant différentes sont réunies pour communier ensemble. Ou lors d’une confession une personne témoigne de sa conversion intérieure et manifeste son désir de suivre le Christ et recommencer à participer à la vie de l’Église.

La joie de la mission est faite de ces innombrables rencontres quotidiennes comme la visite d’une personne malade, lors de la préparation d’un baptême, ou d’un mariage. Ces moments d’échanges sont souvent l’occasion de voir l’œuvre de l’Esprit-Saint transformer les cœurs. Entendre des personnes parler de leur chemin de conversion et témoigner de leur transformation intérieure, de leur joie de vivre et de croire. La joie de la mission c’est de voir des hommes et des femmes s’engager gratuitement et avec joie au service des autres. La joie de la mission c’est aussi d’accompagner, de conforter, de redonner l’espérance à ceux que nous rencontrons. D’aider des personnes à retrouver la paix. C’est aussi de pouvoir offrir le pardon de Dieu dans le sacrement de la confession. Ici, dans le Nord-Est du Brésil, beaucoup de gens viennent procurer ce sacrement pour retrouver la paix intérieure. Les gens ont un grand besoin de parler, de raconter leurs difficultés, leurs souffrances et de chercher un conseil, une parole de réconfort, de consolation. La joie de ma mission est de vivre dans la communauté des “Amis de Jésus” avec des personnes ayant des fragilités psychologiques mais en même temps porteuses de beaucoup de richesses affectives et spirituelles.

Père Jean-Baptiste, originaire du Cameroun, vicaire à Sablé-sur-Sarthe

« Je vis surtout dans cet émerveillement d’avoir été choisi par le Seigneur pour être associé à sa mission »

En tant que prêtre depuis bientôt 15 ans, on fait beaucoup d’expériences dans cette mission reçue de l’Église. La plus grande joie reste pour moi le fait de se savoir associé à la mission du Christ et surtout de voir des personnes qui reviennent vers vous pour vous témoigner du soutien que vous avez été pour elles à un moment de leur vie et qui leur a fait du bien. Pour moi, c’est un réel bonheur ces moments-là.

Dieu je le vois à l’œuvre justement à travers ces petites « réussites », cette force qu’on a pour se relever pendant les moments de désert apostolique, à travers ces sourires retrouvés sur les visages et parfois de voir qu’on arrive à toucher des personnes qu’on disait et croyait hostiles à la mission. Il y a des familles qu’on retrouve alors qu’on est loin de chez soi et de voir comment ces personnes peuvent nous accepter et nous accueillir alors qu’il y a quelques temps on ne se connaissait pas. En 15 ans de ministère, je dirai que ce n’est pas toujours rose, ce n’est pas toujours tranquille mais je vis surtout dans cet émerveillement d’avoir été choisi par le seigneur pour être associé à sa mission. Il y a des choses merveilleuses mais aussi des choses qui cassent parfois le moral. En règle général je dirais que je vis de belles choses dans ma mission.

Véronique, aumônier de prison

« Dieu m’apparaît présent dans ce lieu, lorsqu’un détenu me parle de son histoire, me demande de prier avec lui, lorsque ma visite est attendue »

On ne devient pas aumônier de prison de but en blanc, on y est appelé. Accepter doit donc faire l’objet d’un discernement. Le mien m’a pris un an. Devenir aumônière dans une prison pour hommes n’était pas une évidence pour moi. Quand j’ai accepté, c’était avec l’assurance que Dieu serait de la partie. Alors qu’à vue humaine, je ne me pensais pas capable de remplir cette mission. La fraternité qui règne au sein de l’équipe des aumôniers m’a également aidée à me décider. Je savais pouvoir compter sur les autres.

La joie que je trouve dans cet engagement n’est pas en surface. Je n’ai jamais envie d’aller à la prison – lieu qui ne respire pas la joie de vivre – dont les règles sont strictes et dont il faut apprendre le fonctionnement : « tout ce qui n’est pas autorisé est interdit ». À la relecture, je vois pourtant que lors des rencontres individuelles avec les détenus je vis de beaux moments de fraternité, des échanges intéressants, et que des liens de confiance se tissent au fil du temps.

Dieu m’apparaît présent dans ce lieu, lorsqu’un détenu me parle de son histoire, me demande de prier avec lui, lorsque ma visite est attendue, ou bien tout simplement dans les couloirs quand des détenus me demandent « vous êtes aumônière ? » Dieu m’apparaît présent quand j’entends le témoignage de quelqu’un qui essaie de s’entendre avec son codétenu  (pas facile dans une cellule de 9m2, 22 heures sur 24 !), de l’écouter, de partager un peu de tabac. Les célébrations du dimanche sont aussi des moments importants, de recueillement, de silence et aussi de joie de chanter ensemble. Les remerciements des détenus qui nous disent que nous faisons « du bon travail », que  par notre présence fraternelle nous manifestons la présence de Dieu sont des encouragements pour nous.

À travers cette mission, j’ai le sentiment que le Seigneur m’éduque. Il m’apprend à Lui faire confiance, à recevoir de Lui, à lâcher prise. J’entends par là que je ne dois pas former de projet pour les détenus et attendre un résultat, mais tout Lui demander et Lui remettre. Ce lâcher prise est du reste nécessaire, puisque  l’aumônier ne doit pas conserver de liens avec les détenus après leur sortie de prison. Il m’apprend aussi la patience et l’humilité. Quelquefois, sur plusieurs  heures de présence à la prison, la moitié se passe à attendre debout derrière une grille pour une raison ou pour une autre, à ne pas trouver le détenu que je prévois de visiter parce qu’il préfère aller à la promenade ou faire sa sieste… Il me permet d’aller au large ; je passe des frontières que je ne le serais pas crue capable de franchir. Frontière sociale et culturelle, car beaucoup de détenus sont en grande précarité et n’ont pas bénéficié d’une éducation suffisante. Frontière générationnelle : j’ai un certain âge, et beaucoup de détenus sont jeunes. Frontière de genre : être aumônière dans une prison pour hommes m’oblige à abandonner mes préjugés.

En vivant ma mission d’aumônière, j’ai l’espérance de témoigner que Dieu est miséricordieux pour les « cœurs brisés ».

Père Richard, originaire d'Ouganda, au Mans depuis 2024

« Souvent, nous pensons apporter Dieu aux autres, mais nous découvrons qu’Il nous attend déjà dans les personnes que nous rencontrons. »

Dans ma mission aujourd’hui, je vois Dieu à l’œuvre surtout à travers les familles, les jeunes et les personnes qui cherchent simplement un peu d’espérance. Comme prêtre et missionnaire de Sainte-Croix, engagé dans la Pastorale Familiale Sainte-Croix – Rosaire en Famille en France, je découvre chaque jour que l’Esprit Saint agit souvent dans la simplicité : une famille qui recommence à prier ensemble, un jeune qui ose revenir à l’Église, une personne qui demande une confession après plusieurs années, ou encore un moment de silence devant le Saint-Sacrement. La joie de ma mission est de voir que Dieu continue de toucher les cœurs, même dans un monde parfois marqué par l’indifférence ou la solitude. À travers les rencontres dans les paroisses, les écoles, les groupes de prière ou les pèlerinages, je découvre que beaucoup ont soif de paix, de vérité et d’amour. L’Esprit Saint nous précède toujours. Souvent, nous pensons apporter Dieu aux autres, mais nous découvrons qu’Il nous attend déjà dans les personnes que nous rencontrons. Cela me donne beaucoup d’espérance pour l’Église et pour notre monde.

Pénélope, cheftaine chez les Scouts d'Europe

«  Être cheftaine, c’est offrir de son temps pour recevoir en retour beaucoup de bienveillance, de gentillesse et d’amour. »

Ma mission d’Akela auprès de mes 18 louvettes est merveilleuse ! Être cheftaine, c’est offrir de son temps pour recevoir en retour beaucoup de bienveillance, de gentillesse et d’amour. Avoir charge d’âmes, voir ces jeunes filles grandir, s’épanouir et tisser des liens profonds pendant quatre ans est une expérience humaine très riche. C’est également une relation de confiance fraternelle : nous vivons en famille heureuse, et cette relation particulière est unique ! Je suis infiniment reconnaissante d’avoir grandi avec le scoutisme et de pouvoir aujourd’hui offrir ce que l’on m’a transmis plus jeune, et de partager à mon tour ces valeurs qui m’ont tant apporté !

Marie, Monique et Xavier de la pastorale du tourisme

«  C’est une joie pour nous de mettre en valeur avec simplicité ce qui dans une église, objet d’art ou non, porte un message de foi. »

Nous l’avons tous remarqué, dès qu’elles sont ouvertes, nombreux sont les visiteurs qui déambulent dans nos églises… Que cherchent-ils ? faire une pause, déposer une demande ? contempler quelque chose de beau, d’original ? Nous le constatons aussi, ce large public est souvent éloigné de la signification du lieu et de la vie qui l’anime.
Convaincue que les pierres et leur décor ont un langage spirituel, une âme à faire découvrir, la Pastorale du Tourisme voit cette attirance comme une chance à saisir, comme l’occasion rêvée de « préparer les chemins du Seigneur ». C’est une joie pour nous de mettre en valeur avec simplicité ce qui dans une église, objet d’art ou non, porte un message de foi, de faire découvrir la Parole de Dieu et de donner ce travail à l’Esprit afin que ces touristes si variés découvrent un peu ce qui nourrit la communauté chrétienne qui leur ouvre ses portes.

Clotilde, volontaire VSI au Maroc entre 2025 et 2026

 « Leur exemple a été une vraie leçon de foi et m’a amenée à m’interroger sur l’attention que je porte à mon prochain. »

Dans le cadre d’un volontariat à Marrakech, j’ai été au service de l’organisme Caritas Maroc durant une année. Au cours de cette mission, nous avions souvent l’occasion d’aller dans les montagnes du Haut Atlas. Nous y allions pour rencontrer des bénéficiaires de l’association, victimes du séisme du 3 septembre 2023. Leur foi en Dieu a été, pour moi, une vraie source d’inspiration. Ces personnes ont une espérance immense en l’avenir car elles croient profondément en un Dieu Amour qui ne les abandonnera pas. Cette espérance ne diminue pas la douleur causée par la perte de proches.  Mais elle leur permet de garder confiance et de se soutenir les uns les autres dans les épreuves. J’ai été époustouflée par le courage qu’elles portent en elles et la solidarité mutuelle. Leur exemple a été une vraie leçon de foi et m’a amenée à m’interroger sur l’attention que je porte à mon prochain. Leur manière d’être m’a également enseigné à garder confiance et courage dans les difficultés. « Dans le monde, vous avez à souffrir, mais courage ! Moi, je suis vainqueur du monde. » (Jean 16,33b) nous dit le Seigneur. Ainsi, à l’exemple de ces hommes et de ces femmes du Haut Atlas, chaque jour, je m’efforce de poser des actes de charité et de garder confiance en Dieu.

Lisez le dernier numéro de Pèlerins d’espérance :