Une plaque commémorative des séminaristes morts au combat

Isabelle Gastebois restaure actuellement une plaque commémorative des séminaristes morts pendant la 1ère et la seconde guerre mondiale.
Cette plaque, longtemps présente à l’ancienne chapelle du centre de l’Etoile, sera posée dans le jardin de la maison Saint-Julien à coté des dépouilles des religieuses de la Visitation.

Un travail qui a tout son sens pendant le Carême

Quand je commence une rénovation, la phase que j’aime le moins dans mon travail, est celle de la préparation de la pièce.. C’est vrai, parfois je me dis, « si je pouvais sauter cette étape, cela m’arrangerait bien »… parce qu’elle est celle qui me coûte tant.. elle est celle qui me demande un effort, elle est celle qui salit mes mains et mets de la poussière partout, elle est ce moment où à peine ai-je commencé à travailler que le découragement peut s’inviter et s’emparer de ma bonne volonté.. et pourtant.. j’apprends à aimer ce moment un peu plus, rénovation après rénovation !

Lorsque j’ai commencé à travailler sur ces plaques commémoratives de granit, nous étions déjà dans le temps du Carême, ce temps que je vois parfois arriver de loin sans nécessairement m’en réjouir.. Et pourtant.. j’apprends à aimer ce temps du Carême un peu plus année après année !

… Parce que sans lui, sans ce temps préparatoire accordé qui prédispose une pièce ou un coeur ; il semblerait que rien ne puisse fleurir, ni rien de beau ne puisse advenir..

Dépoussierer, brosser, gratter, nettoyer… C’est un peu comme lever un voile ou soulager la pièce de tout ce qui l’empêche de rayonner, c’est retrouver la simplicité et la pauvreté de la pièce.

Lorsque je grattais des tâches noires incrustées dans la pierre, ou bien lorsque je dépoussierais ces lettres gravées pour les remettre à nu, j’y voyais ce désir que réclamait mon coeur de consentir lui aussi à se laisser décaper… Ce désir d’être une terre nouvelle disposée pour accueillir grâce après grâce et se laisser transformer, ce désir de laisser passer la lumière, celle de la résurrection.

Je me disais alors combien cette étape de préparation d’une pièce à rénover est essentielle et combien elle est belle tout comme ce chemin du Carême où chaque année, le Seigneur nous invite à une marche de compagnonage avant de replonger avec lui dans sa mort pour accueillir la vie nouvelle.

Quand à ces tables bientôt entièrement revêtue de lumière, mémoire de l’offrande suprême, elles me soufflent à l’oreille tous les jours quelque chose du Ciel..

Je ne sais pas où sont toutes ces âmes pour aujourd’hui, mais ces hommes qui ont tout donné par Amour, sont à mes yeux, des Soldats de l’Amour du Coeur de Jésus, et ce, pour l’éternité..

Isabelle Gastebois – Statues Quo 72
Le 25 mars, fête de l’Annonciation.

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