Message d’entrée en Carême de Mgr Le Saux

Nous entrons ensemble dans le temps du Carême. Quarante jours pour nous préparer à célébrer la mort et la résurrection du Christ. C’est le temps au cours duquel nous accompagnons de manière particulière, les catéchumènes adultes qui seront baptisés lors de la Vigile Pascale.

Comme chaque année, nous sommes invités à la conversion. Le mercredi des cendres, est  prononcé sur chacun de ceux qui participent à la célébration : « Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle » (Mc 1,15). Nous sommes invités à prendre au sérieux cette parole et à entrer de manière résolue dans la joie de la conversion, car il y a plus de joie au ciel pour un seul pêcheur qui se convertit que pour tous ceux qui n’ont pas besoin de conversion. Demandons au Seigneur la grâce de comprendre que le pêcheur qui doit se convertir, c’est moi.

Un temps de conversion

Se convertir, c’est changer. Il s’agit de nous laisser éclairer sur ce qui doit changer en nous, changer dans notre manière de vivre, de nous comporter, de parler, ce qui doit changer dans nos relations pour vivre en plus grande conformité avec la Parole de Dieu dans une plus grande charité. La conversion n’est pas d’abord le fruit d’une introspection, mais le fruit d’une nouvelle rencontre avec le Christ. A la manière de Zachée à qui Jésus dit : « Zachée descend vite : aujourd’hui, il faut que j’aille demeurer dans ta maison. » (Luc 19, 5). Dès que Jésus entre chez Zachée, il se convertit, il s’agit de laisser entrer Jésus dans nos vies. La Parole de Dieu et l’Eglise nous proposent chaque année d’entrer dans ce chemin de conversion en prenant les moyens que sont la prière, le jeûne, le partage

La prière : Pour laisser un espace au Seigneur, pour qu’il puisse nous parler, nous sommes invités à faire silence, à nous retirer à l’écart. Sans doute nous devons éteindre nos téléphones, nos ordinateurs et être plus sobres sur les réseaux sociaux, nous donner les moyens de trouver les espaces d’intériorité pour entrer dans un véritable dialogue avec le Seigneur.

Le jeûne : Il ne s’agit pas de réaliser une prouesse acétique, mais en nous privant volontairement, en renonçant à satisfaire immédiatement les désirs de notre corps, nous voulons revenir à ce qui est essentiel pour vivre : « L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. » (Mt 4,4).

Le partage : La foi opère par la charité, et la charité ce ne sont pas des sentiments ou des émotions, mais des actes. La prière et le jeûne n’ont aucune signification s’ils ne conduisent pas à la charité concrète, effective où l’on partage son temps, son argent, ses compétences avec les plus démunis et fragiles de nos frères. La charité concrète est le lieu de vérification de notre conversion.

Cette année, je vous propose de vivre le Carême à l’école de Saint Joseph en cette année qui lui est particulièrement consacrée. Joseph, lui qui a fait de sa vie un service, un sacrifice au mystère de l’incarnation et de la rédemption, Joseph qui a été la figure du père plein de tendresse auprès de Jésus, Joseph, homme obéissant qui a fait en tout la volonté de Dieu, Joseph qui accueille un mystère qui le dépasse, Joseph homme courageux, Joseph, homme travailleur, Joseph homme du silence et de la discrétion.

Par l’intercession de Joseph, implorons la grâce des grâces : notre conversion.

 Yves Le Saux

Evêque du Mans

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