jeudi 30 juillet 2026 -
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L’église Sainte-Jeanne-d’Arc de Coëffort du Mans

L’émission de radio « Récits de nos églises » illustrée par les archives du diocèse

De l’Hôtel-Dieu de Coëffort à l’église Saint-Jeanne d’Arc, découvrons aujourd’hui l’histoire particulière d’un des plus beaux monuments du Mans.

Transcription de l'émission de radio

La tradition attribue à Henri II Plantagenêt, roi d’Angleterre mais aussi comte du Maine la fondation de l’Hôtel-Dieu de Coëffort vers 1180-1181. La charte de fondation qui aurait permis de confirmer cette information a rapidement disparu. Néanmoins, cette charte est connue par les copies qui ont été faites et que l’on retrouve notamment dans le Recueil des actes de Henri II.

Pour ce qui est du bâtiment, les dernières recherches concluent à une construction en deux temps : un premier chantier dans les années 1150-1160 pour la partie inférieure de l’édifice tandis que la partie supérieure serait achevée au plus tard en 1230. Cet édifice qui est aujourd’hui l’église paroissiale Sainte-Jeanne-d’Arc est à l’époque la salle des malades de l’Hôtel-Dieu. Il s’agit donc d’un hôpital accueillant indigents et pèlerins malades. L’administration est d’abord confiée à des laïcs réunis en confrérie et la charte signée par Henri II vient encadrer juridiquement l’établissement de charité. Les statuts de la confrérie sont plusieurs fois confirmés par les évêques du Mans. Ils répartissent le travail entre les frères et les sœurs de Coëffort : aux frères l’administration de l’Hôtel-Dieu et aux sœurs les soins des malades.

En 1397, la règle de Saint-Augustin est imposée. Cette règle organise la vie d’une communauté de chanoines, c’est-à-dire de clercs réunis en chapitre consacrés à la prière liturgique mais aussi au secours des pauvres. Cela explique que, quand les personnes malades sont déplacés dans des bâtiments annexes et que la grande salle de Coëffort est transformée en église, on lui donne le nom d’église « royale et collégiale ». Cette utilisation comme lieu de culte n’est pas nouvelle car dès l’époque médiévale, la partie orientale de la grande salle servait déjà d’église en témoigne les sépultures retrouvées dans les travées orientales tandis que les malades étaient abrités dans les travées occidentales.

Au cours du XVIIe siècle, l’histoire de Coëffort prend une autre tournure quand l’Hôtel-Dieu avec sa collégiale est vendu à saint Vincent de Paul et sa communauté de prêtres, les lazaristes ou prêtres de la Mission. Ceux-ci deviennent aumôniers de l’Hôtel-Dieu tandis que Mgr Louis de la Vergne de Tressan leur confie la direction du séminaire diocésain qui s’installe à Coëffort. Le séminaire et l’Hôtel-Dieu cohabitent jusqu’au déménagement des malades à l’hôpital général du Mans fondé en 1658. C’est pourquoi l’autre nom attribué à Coëffort est celui de séminaire de la Mission.

A la Révolution, les lazaristes doivent partir en exil. L’église servira de prison pour les prêtres réfractaires, c’est-à-dire ayant refusé de prêter serment à la constitution civile du clergé, puis de dispensaires pour les soldats vendéens avant que l’armée s’installe dans les locaux pour s’en servir notamment d’écurie.

 

Il faut alors attendre 1946 pour que l’ancien Hôtel-Dieu soit remis à la ville du Mans. Le classement des bâtiments comme monuments historiques en 1947 précède leur restauration entre 1950 et 1955. A cette époque, les anciens faubourgs médiévaux se sont largement urbanisés et les habitants du quartier dit de la Mission sont dépourvus de lieu de culte. En 1923, Mgr Grente confie à la nouvelle sainte Jeanne d’Arc la protection d’une nouvelle paroisse dont le siège est fixé dans une église provisoire avenue de Pontlieue. Cette situation ne pourra durer.  Mgr Grente signe alors un bail emphytéotique en 1950 avec la mairie du Mans pour installer la paroisse à Coëffort après sa restauration. Les travaux seront marqués par la découverte en 1953 d’un grand ensemble de couverts en argent datant du XIVe siècle. Cette découverte extraordinaire est aujourd’hui exposée au musée Jean-Claude Boulard – Carré Plantagenêt.

Avant même la bénédiction des premières travées de l’église le 28 octobre 1951 jusqu’à celle des nouveaux vitraux de Max Ingrand le 11 mai 1958, le chanoine Briand, curé de la paroisse travaille main dans la main avec les architectes Vassas et Lagrange. Leur travail commun de restauration a permis que soit préservée la mémoire de l’Hôtel-Dieu de Coëffort, de son fondateur et de ceux qui ont œuvré dans ce bâtiment au fil des siècles.

Bibliographie
  • Semaine du fidèle – Archives diocésaines du Mans
  • Fillion-Braguet, B. « La grande salle de l’Hôtel-Dieu de Coëffort au Mans : l’architecture comme acte de mémoire », dans Collectif, Les Plantagenêts et le Maine, 2022
  • Ferey, M. (2021). Ancien Hôtel-Dieu de Coëffort actuellement église paroissiale Sainte-Jeanne d’Arc. Région Pays de la Loire – Inventaire général : https://gertrude.paysdelaloire.fr/dossier/IA72059384
  • Vassas, R. La Maison-Dieu de Coëffort au Mans. Bulletin monumental, 1954, t. 112 https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1954_num_112_1_8611

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