mardi 09 juin 2026 -
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L’église Notre-Dame du Pré au Mans

L’émission de radio « Récits de nos églises » illustrée par les archives du diocèse

Au Mans, sur la rive droite de la Sarthe, à l’emplacement d’un ancien cimetière gallo-romain, se dresse l’église que nous allons découvrir aujourd’hui : l’église Notre-Dame du Pré.

Transcription de l'émission de radio
D’après la légende, quand le defensor apprit le décès de son ami Julien à 18km du Mans dans le village de Saint-Marceau, il le fit rapatrier pour qu’il soit enterré dans un cimetière gallo-romain situé dans une prairie qui donne le nom du quartier : le quartier du Pré. Le cimetière est resté utilisé au moins jusqu’au IXe siècle et c’est au sein du cimetière, au-dessus de son tombeau, qu’a été construit un abri de pierre qui a subsisté jusqu’à la révolution. Alors qu’un culte plus important prend forme autour des évêques suivants, on apprend par le testament de Saint Bertrand qu’une petite chapelle a été construite au-dessus de l’exèdre, construction qui surplombe le tombeau, et qu’une communauté de prêtres psalmodie autour. Cette situation s’arrête brutalement. En 840, la succession de Louis le Pieux entraîne une guerre civile que le Mans va prendre de plein fouet. Quand saint Aldric revient d’exil, c’est pour découvrir la ville en ruine. Pendant une accalmie, les restes des premiers évêques du Mans sont récupérés dans leurs différents lieux de repos pour être transférés à l’abri dans la cathédrale. Au XIe siècle une communauté de religieuses bénédictines s’installe aux abords du tombeau du Pré. Elles commencent les travaux de construction de l’abbatiale Saint-Julien du Pré au-dessus du tombeau ou elles réinstallent une partie des reliques de conservées à la cathédrale. Le chantier qui se termine durant le XIIe siècle. La crypte du Pré reste accessible jusqu’à la révolution même si les pèlerinages étaient limités aux fêtes de la Saint-Julien à partir du XVIIe siècle. Malgré la présence du tombeau à la cathédrale et d’une représentation de ce tombeau dans le chœur de l’abbatiale du Pré, les pèlerins préfèrent descendre par un petit escalier situé à l’entrée du chœur et se recueillir devant une statue du saint sculptée au XVe siècle. Cette même statue est toujours exposée dans la crypte actuelle. L’histoire s’écoule avec son lot d’avanies. L’abbatiale n’est déjà pas en très bon état à la révolution. Elle devient église Notre-Dame du Pré à la suite de la vente et la destruction de l’église paroissiale adjacente ainsi que la fermeture du monastère Saint-Julien. Le curé constitutionnel, c’est-à-dire ayant signé la constitution civile du clergé, André-Pierre Le Dru prend la décision de combler le tombeau et l’escalier de terre pour consolider les fondations, par manque de ressources pour l’entretien ou par impiété d’après les curés du XIXe siècle ayant constaté les dégâts. L’abbé Guillois, curé du Pré de 1832 à 1854, a la volonté de restaurer l’église et la crypte. Des fouilles sont entreprises et leur compte-rendu est rédigé par le vicaire Livet, ce qui permet de dresser un plan de l’ancienne crypte. La restauration n’étant toujours pas commencée, l’église continue de se dégrader. C’est dans cet état que l’abbé Julien Livet trouve Notre-Dame du Pré à sa nomination comme curé en décembre 1857. Qu’importe, il réunit tout son courage et déclare : « Je veux relever mon église et restaurer le tombeau de saint Julien ; Deus in adiutorium meum intende, Domine ad adiuvandum me festina. » C’est-à-dire : Dieu, venez à mon aide, Seigneur hâtez-vous de me secourir. L’abbé Julien Livet fait de la restauration de son église sa priorité absolue. Pour cela il se fait aider par Denis Darcy. Darcy est architecte diocésain disciple de Viollet-le-Duc. Afin de financer les travaux, l’abbé Livet rédige une circulaire sur l’histoire de l’église et traverse le diocèse pour prêcher en faveur de l’évangélisateur du Maine. Les travaux commencent en 1859. Il s’agit de rehausser le chœur afin de reconstruire une crypte à trois nefs. L’escalier d’origine est comblé permettant la réalisation d’une niche pour installer la statue de saint Julien du XVe siècle. L’entrée de cette nouvelle crypte se trouve dans le déambulatoire. Il n’a fallu qu’un an pour achever la nouvelle crypte et le 27 janvier 1860, fête du saint patron, le curé célèbre la première messe sur l’autel offert par Mgr Nanquette. L’abbé Julien Livet décède le 18 juin 1895. Il est enterré selon son désir, dans la crypte de « son » église, auprès du tombeau de saint Julien. Il laisse un héritage inestimable à la fois pour l’église Notre-Dame du Pré et pour le diocèse.
Bibliographie
SOURDIN, G. Sur les lieux du tombeau de saint Julien, évangélisateur du Maine, de l’abbatiale Saint-Julien à l’église Notre-Dame du Pré, 2009. Historique de l’église sur le site de l’ensemble paroissial RmOuest: https://www.rmouest.fr/v2/spip.php?article66 LEDRU, A. Église de Notre-Dame du Pré au Mans. Le Mans : Imprimerie Berderitter, 1924. MARQUET, A. L’église Notre-Dame du Pré. Le Mans : Jean Vilaire Impr., 1955. DUBOIS, Ern.-L. Monsieur Julien Livet : Chanoine honoraire de la Cathédrale du Mans, curé de Notre-Dame du Pré au Mans. Le Mans : Leguicheux et compagnie. Archives historiques du diocèse du Mans – Fonds Abbé Pierre Davoust

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