mardi 28 avril 2026 -
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Journée des prêtres et religieux étrangers

Samedi 11 avril 2026 à la Flèche

Pour la troisième année, notre évêque a invité tous les ministres et consacré(e)s accueillis dans le diocèse pour une journée conviviale et de partage. L’objectif est de se connaître et échanger sur cette expérience d’interculturalité, et de découvrir un aspect missionnaire propre à un lieu diocésain.

Cette année, nous étions à la Flèche et avons (re)découvert les missions peu banales de Jérôme Le Royer de la Dauversière et de Marie Ferre (sans oublier Jeanne Mance, mais cette dernière n‘est pas née dans le diocèse). Le père Pierre Kim et les sœurs coréennes de la Flèche ainsi que la paroisse ont pris très au sérieux leur rôle d’accueillants. On a remarqué que le père Joseph Roussel, important pour plusieurs d’entre nous, a été ordonné à l’Eglise Saint-Thomas !

La messe à l’Eglise Saint-Thomas a rassemblé les participants à la rencontre, plus le père Abel Reveau, Claude Cosnard, diacre de la paroisse et de nombreux paroissiens (le curé Christian du Halgouët n’a pas pu être présent). Nous avons pris des photos de l’ensemble des participants, mais n’avons pas pu le faire avec toute l’assemblée. Cette messe fut très festive, accompagnée à l’orgue par sœur Marie et chantée dans plusieurs langues.

Nous nous sommes ensuite retrouvés à la salle de la Dauversière. Notre évêque avait demandé de réfléchir à la question : « qu’est-ce qui vous frappe dans la mission que vous vivez ? ». Tout le monde n’a pas eu le temps de prendre toute la parole qu’il aurait souhaité, mais tout le monde a dit au moins son nom et ce qu’il fait dans le diocèse. Nous étions 50, originaires de 15 pays et 4 continents. La Corée, le Rwanda, Madagascar, Haïti et l’Inde étaient les plus représentés. Certains venaient pour la première fois, parfois arrivés depuis moins d’un an, d’autres étaient déjà des « habitués » du diocèse et/ou de ces rencontres. Les âges et ancienneté d’engagement ministériel ou consacré étaient aussi très variables.

Presque tout le monde a souligné l’importance de l’accueil : la façon dont chacun se sent accueilli dans le diocèse, mais aussi l’accueil des réalités françaises et des réalités et demandes parfois très décalées par rapport à l’expérience du pays d’origine, ainsi que la réalité humaine des sœurs françaises. « Le père X m’explique les situations, les habitudes humaines et pastorales » ; « joie d’accueillir un petit frère coréen. Plaisir à partager ensemble ». Il y a aussi la peur de la différence, qui s’améliore avec les années : « une jeune fille refusait de me saluer car elle avait peur de ma couleur de peau. Dix ans après, elle a fait un détour pour venir me voir avec sa famille, ce qui nous a donné beaucoup de joie ». Un lien a été fait avec la dimension universelle de l’Eglise et la « fraternité sans frontière » qui permet de réaliser « on n’est pas seul(e) ». Il a aussi été remarqué la diversité de l’Église, un participant rapportant que sur 7 mariages célébrés, 3 étaient internationaux…

Les difficultés de communication liées à la langue ne sont pas les seules. « Je vis un dépaysement culturel, je me sens petit et réalise mes limites ». Plusieurs personnes ont expliqué comment ce qui apparaît au premier abord sont les différences culturelles, mais que peu à peu apparaissent les points communs et la joie de la mission, qui peut même avoir été « très difficile », avoir « déçu » ou « découragé » au début. « J’avais peur. Maintenant je suis à l’aise » ; « La France me fait grandir » ; « On trouve le Seigneur là où on est, même dans les épreuves » ; « vivre avec les personnes que le Seigneur nous donne comme cadeau » ; « une chose m’a toujours frappée : la main de Dieu partout où on passe ». L’important est de prendre conscience que c’est Dieu qui appelle… et répondre « C’est Dieu qui appelle et c’est à nous de répondre » ; « Je sens que ce n‘est pas moi qui travaille à la mission mais c’est Dieu ». Il est possible aussi d’admirer la façon dont d’autres sont « missionnaires jusqu’au bout ». « Les personnes âgées[1] ont une soif de Dieu véritable » ; « Ma présence ici est la volonté du Seigneur » ; « Ce n’est pas facile. On avance lentement mais sûrement grâce à Dieu » ; « J’ai continué la mission et maintenant je suis très heureuse » ; « Je suis très heureux d’être vicaire de mon fondateur ! ».

L’insertion en France n’empêche pas les liens avec le pays d’origine « Vivre ici loin de mon pays ne m’empêche pas de vivre les évènements de mon pays et de ma famille à distance ».

Il a été souligné l’importance des insertions très diverses : associatives (ecclésiales ou non), études, professionnelles (dans et hors congrégation ou paroisse), loisirs comme un club sportif… La question de la « laïcité à la française » nécessite des adaptations par rapport à ce qui a parfois été connu avant « J’ai parfois peur des règlements », mais plusieurs ont souligné l’importance des relations interpersonnelles dans l’apostolat qui peut parfois aller jusqu’à des demandes sacramentelles. Un prêtre s’est dit émerveillé du nombre de confessions qu’il accueille en tous temps. Beaucoup ont remarqué l’explosion du nombre de catéchumènes et la diversité de leurs parcours, avec la remarque « ce n‘est pas le nombre qui compte, mais l’accompagnement ».

Nous laissons la dernière remarque à un participant qui nous a écrit ensuite « j’ai pu vivre une très belle réunion. Cette fois-ci était vraiment spéciale. Je pense qu’elle l’était parce que nous avons pu partager davantage sur le plan émotionnel et spirituel ».

Nous avons ensuite partagé des spécialités venant de nos divers pays (y compris des rillettes et du camembert !). L’après-midi, nous avons écouté une conférence sur Jérôme le Royer de la Dauversière et Marie de la Ferre, à partir des panneaux d’un exposition présentée à la maison diocésaine l’an dernier.

Dans l’après-midi nous avons appris le décès brutal d’une sœur de la congrégation de la Providence de Ruillé, ce qui a conduit plusieurs sœurs à partir de façon prématurée. Nous avons évidemment prié pour cette sœur et toute sa congrégation, ainsi que pour les sœurs de la Merci Dieu qui n’ont pas pu venir cette année compte tenu du contexte de l’organisation de leur départ de Saint Jean d’Assé, dont notre évêque nous a donné des nouvelles.

Notre journée s’est conclue avec les vêpres où le cantique de Marie a été chanté en malagasy.

Notre évêque a annoncé la date pour l’an prochain, à retenir dès maintenant !!! Le samedi 10 avril 2027, qui sera cette fois le samedi d’après l’octave de Pâques. Plusieurs souhaitent que le moment de partage puisse prendre plus de temps, et une personne a déjà proposé une méthode. N’hésitez pas à nous envoyer aussi vos réactions et propositions !

Belle suite de mission !

L’équipe du service de Mission Universelle du diocèse.

[1] Il s’agissait de personnes isolées en milieu rural