L’église Saint-Pavin du Mans
L’émission de radio « Récits de nos églises » illustrée par les archives du diocèse
Sur la rive droite du Mans se dresse le clocher de l’église Saint-Pavin que vous pouvez découvrir aujourd’hui.
Transcription de l'émission de radio
Occupé dès le IIe siècle, en atteste le mobilier funéraire retrouvé lors de fouilles archéologiques, le territoire Saint-Pavin-des-Champs est un bourg autonome, dans les faubourgs du Mans jusqu’au milieu du XIXe siècle. Au VIe siècle, l’évêque du Mans Domnole y fonde un hospice pour accueillir des pèlerins. La gestion de cet hospice aurait été confiée à un certain Pavin, moine de l’abbaye Saint-Vincent du Mans dont les bâtiments sont aujourd’hui occupés par le lycée Bellevue. Le futur saint Pavin adjoint à l’hospice une école reconnue pour son enseignement auprès des futurs membres du clergé et des enfants des chefs de provinces. Le corps de saint Pavin est enterré dans l’église qu’il a fait construire et qui est alors dédiée à la Vierge Marie. Même si les habitants du bourg qui a pris son nom se transmettent cette information, il faudra attendre le XVIIIe siècle pour retrouver le cercueil.
La vie de la communauté religieuse se poursuit malgré les invasions des normands au Xe siècle qui détruisent le faubourg. A la fin du XIe siècle, Foulques de Riboul et son épouse font reconstruire un prieuré et l’église et en font don à l’abbaye d’Evron. A cette époque, l’église est un simple bâtiment en pierre composé d’une nef simple prolongé par un chœur se terminant par une abside en forme de demi-coupole.
Au XVIIIe siècle, un incendie ravage Saint-Pavin. L’église résiste même si une restauration partielle est nécessaire. Elle est donc l’objet de toute l’attention de son curé, l’abbé Jean Portier. Celui-ci découvre entre le mur et l’autel, je cite : « un tombeau en pierre avec plusieurs ossements qu’il renfermait et dessous une boîte en fer ». Son successeur, l’abbé François-Xavier Yvon obtient l’autorisation de l’évêque d’exposer ces reliques que l’on attribue rapidement à saint Pavin.
La vénération des reliques est interrompue par les évènements de la Révolution. L’abbé François-Xavier Yvon refuse le serment à la constitution civile du clergé. Il est alors enfermé à la prison de la Mission, du nom du séminaire des lazaristes qui a été fermé. Son âge avancé, 67 ans, empêche son expulsion vers l’Espagne. L’église est vendue comme bien national à Michel Morin et Louis Martin qui finiront par la revendre quatre plus tard à Jean-Baptiste Fay-Brizardière. Ce n’est qu’en 1817 que ce monsieur en fait don à la commune de Saint-Pavin-des-Champs et qu’elle est rendue au culte.
Quelques années plus tard, la Semaine du fidèle du diocèse du Mans explique que l’église du XIe siècle, bien que très intéressante, est trop petite pour accueillir le nombre des fidèles. Au cœur du XIXe siècle, la commune de Saint-Pavin-des-Champs devenue quartier du Mans, se développe considérablement. Il faudra néanmoins attendre la fin de ce siècle pour qu’un projet de construction d’une nouvelle église voie le jour. Cela laissera le temps aux paroissiens de réunir les fonds nécessaire pour bâtir une église plus grande. Cependant, l’espace est contraint, il faut détruire l’ancienne église pour poser la première pierre de la nouvelle. C’est l’occasion d’organiser de nouvelles fouilles afin de retrouver le tombeau de saint Pavin à l’endroit indiqué par les curés du XVIIIe siècle. Julien Chappée, archéologue, mène les fouilles quand, finalement, un sarcophage en pierre, typique des sarcophages francs du VIIe siècle est retrouvé. Sa situation privilégiée, sous le maître-autel, ainsi que les observations menées par des archéologues et des médecins incite Mgr de Bonfils à déclarer l’authenticité des reliques de saint Pavin. Le sarcophage et les reliques sont replacés à l’endroit ou ils ont été retrouvés ce qui correspond à la crypte de la nouvelle église en 1904.
En effet, après la pose de la première pierre de l’église néo-gothique le dimanche 24 août 1902, les travaux menés par l’architecte Guerrier et l’entrepreneur Renault vont bon train. Faute de place sur l’emplacement prévu, l’église n’est pas tournée vers l’est mais vers le sud. La nouvelle construction pourra être bénie en décembre 1904 et finalement consacrée en janvier 1913.
Le dimanche 28 juin 1931 a lieu la bénédiction des fresques de M. Müller et des vitraux de M. Lorin qui viennent parfaire la décoration de la nouvelle église qui a pris le nom du saint protecteur qu’elle abrite : Saint-Pavin.
Bibliographie
- Fonds Davoust – Archives diocésaines du Mans
- Semaine du fidèle – Archives diocésaines du Mans
- Ferey, M. (2019). Quartier Saint-Pavin. Région Pays de la Loire – Inventaire général : https://gertrude.paysdelaloire.fr/dossier/IA72058916
- DELAPARELLE, Jean-Pierre. Saint-Pavin-des-Champs ; une paroisse, une commune, un quartier. Le Mans : Cercle généalogique de Maine et Perche, 1986.
L'église Saint-Pavin dans les archives
Plan de l’emplacement de la la nouvelle église par rapport à l’ancienne © 2Z01 Fonds Robert Triger – ADM
L'église Saint-Benoît dans la paroisse
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