L’église Saint-Lazare du Mans

L’émission de radio « Récits de nos églises » illustrée par les archives du diocèse

© Jean-Pierre Fernandez

Dans le quartier Saint-Georges au Mans, nous allons visiter aujourd’hui une église d’aspect extérieur plutôt simple mais à la décoration intérieure étonnante : l’église Saint-Lazare.

Transcription de l'émission de radio
Dans le nom de l’église, une partie de l’histoire du quartier se dévoile. En effet, au cours du Moyen-âge est fondé à Saint-Georges-du-Plain alors village entre Le Mans et Rouillon, une léproserie. A cette léproserie est donné le nom du saint patron des lépreux : saint Lazare. On raconte qu’elle a été fondée par Henri II Plantagenêt mais les actes les plus anciens la concernant datent de 1227. Elle jouera un grand rôle dans le quartier et la foire aux oignons encore fêtée aujourd’hui le 1er vendredi de septembre, a été fondé pour récolter de l’argent pour le soin des malades. Au XIXe siècle, avec l’installation d’usines à gaz et de tabacs, la population augmente considérablement. Depuis la suppression de la paroisse Saint-Gilles-des-Guérets à la Révolution, les églises les plus proches sont celles de Saint-Georges-du-Plain ou celle du Pré. Un décret impérial reconnait en 1860 l’utilité de la construction d’une nouvelle église permettant aux chrétiens de se retrouver dans une église plus proche de chez eux. Il faut pourtant attendre l’arrivée de l’abbé Brière en 1889 pour que le projet prenne vie. En effet, à son arrivée comme curé de la paroisse de Saint-Georges-du-Plain, Henri Brière rend visite à ses paroissiens. A mesure qu’il s’éloigne de l’église, les paroissiens lui expriment leur souhait d’avoir un lieu de culte plus proche de leur habitation. L’abbé Brière demande alors au maire, l’autorisation de construire une chapelle au pâtis Saint-Lazare qui permettra aux habitants de la paroisse de Saint-Georges-du-Plain depuis 1855 quartier du Mans, d’aller à la messe plus facilement. Il n’est pas encore question de la création d’une nouvelle paroisse. Pourtant, malgré le décret impérial, la construction d’une nouvelle église dans ce quartier est loin d’être une évidence pour quelques élus municipaux qui s’opposent à la pétition des habitants du quartier. Qu’a ne cela ne tienne, le 8 décembre 1890, l’abbé Brière achète en son nom, un terrain rue des Planches. La construction d’une chapelle commence aussitôt et devra s’interrompre très rapidement. Le 12 novembre 1891, la chapelle fragilisée par un ouragan ayant traversé la ville quelques heures plus tôt, s’écroule dans un grand fracas ! L’abbé Brière donne tout son cœur et une bonne partie de son argent pour que les travaux puissent reprendre tandis qu’un procès se déroule entre le maçon, l’architecte et l’abbé Brière. A minuit le 23 décembre 1892, les ouvriers ont terminé leur ouvrage et a 7h du matin le 24, les paroissiens avec leur curé s’activent pour rendre la chapelle présentable et en état d’y célébrer la messe de Noël. Peu à peu, la communauté entourant la chapelle prend des allures de paroisses complétée par une école de filles en 1899. Ainsi, Mgr de la Porte signe le 1er avril 1914, une ordonnance érigeant une nouvelle paroisse dans le quartier Saint-Lazare. Dans cette ordonnance, une limite est fixée entre les paroisses de Saint-Georges-du-Plain et Saint-Lazare, la chapelle est élevée au rang d’église paroissiale et l’abbé Léonide Gasnier, précédemment curé de Saint-Georges-du-Plain est nommé curé de la nouvelle paroisse. Dans les nouveaux paroissiens de Saint-Lazare, un va témoigner de l’attachement que tous ont pour leur église. Il s’agit Mgr Marcel Dubois. Ordonné prêtre du diocèse du Mans en 1921, on lui confie des responsabilités de plus en plus grandes au Petit Séminaire de La Flèche puis comme vicaire général et directeur de l’Œuvre des Vocations avant d’être nommé évêque en 1948, d’abord à Rodez et Vabres puis à Besançon en 1954. C’est alors que Mgr Dubois commande à Nicolaï Greschny une fresque pour orner l’église de son enfance. L’artiste qui au court de sa vie a peint de nombreuses icônes et fresques, réalise celle de Saint-Lazare en 30 jours. Le thème central des fresques de Saint-Lazare est l’Eucharistie dans le chœur, l’ancien et le nouveau testament dans les deux bras du transept. Avec les personnages bibliques sont représentés les paroissiens de l’époque comme les deux parents de Mgr Dubois dans le manteau de la Vierge lors de la présentation de Jésus au temple et les servants d’autel dans le chœur, aujourd’hui encore paroissiens de Saint-Lazare.
Bibliographie
1892…1992 « Cent ans d’un quartier », 1992 GRASSIN, André. L’église Saint-Lazare au Mans et ses peintures COUTARD André, DELAPARELLE Jean-Pierre, DELAZAY Rachel. Saint-Jean, Saint-Georges, Saint-Gilles. Bordager Editeur, 1989. Fonds Davoust (Archives diocésaines)

L'église Saint-Lazare dans les archives

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