L’église Saint-Gilles d’Arnage
L’émission de radio « Récits de nos églises » illustrée par les archives du diocèse
Transcription de l'émission de radio
Pendant longtemps les connaissances de l’église d’Arnage ne remontaient pas avant la fin du XIVe siècle. Cependant, la campagne de restauration réalisée par la municipalité dans les années 80 et 90 ont permis de mettre à jour des vestiges : des baies et des fresques romanes faisant remonter la construction au XIe ou XIIe siècle.
Depuis le VIIe siècle la grande partie des terres cultivées autour d’Arnage sont sous le contrôle de l’Abbaye de la Couture. Au temps de la construction de l’édifice celui-ci ne porte pas le nom d’église mais simplement de chapelle.
Cette chapelle sera rattachée dans les siècles suivant à la paroisse de Pontlieue. Le rapport entre les fidèles d’Arnage et les curés et vicaires successifs habitants à Pontlieue n’ont pas toujours été très bienveillant. L’histoire de cette chapelle est donc fortement liée à l’histoire de ces paroissiens recherchant une reconnaissance et une indépendance vis-à-vis de l’église paroissiale de Pontlieue.
Un litige important se déroule à la fin du XVe siècle entre les habitants d’Arnage et leur pasteur. En 1460, l’officialité diocésaine devra intervenir et formuler un compromis pour pacifier la paroisse. C’est ainsi qu’il sera demandé au pasteur de célébrer une messe à Arnage pour Noël, Pâques et à la Saint Gilles mais aussi de célébrer tous les dimanches une messe basse dans la chapelle d’Arnage. En contrepartie les habitants verseront tous les ans 110 sous tournois pour rétribuer le prêtre.
Deux siècles plus tard, le 8 avril 1613, les habitants sont allés voir l’évêque du Mans, Mgr Charles de Beaumanoir, pour présenter leur mécontentement vis-à-vis de leur pasteur qui ne s’est pas déplacé à la chapelle pour célébrer la messe de Pâques. Leur demande était clair : l’évêque devait soit contraindre le pasteur, soit envoyer un autre ministre pour célébrer les offices. L’évêque agit en leur faveur. De cette faveur épiscopale, les habitants eurent un regain d’intérêt pour entretenir la chapelle. Ils firent réparer la toiture, installèrent un panonceau et une nouvelle croix de fer, ils renouvelèrent en partie le mobilier et achetèrent de nouveaux ornements.
La Révolution française a permis d’avoir une description plus importante de la chapelle d’Arnage. Les procès-verbaux des expertises de la chapelle pour l’acquisition par les frères Pettangue en 1796 nous indique les dimensions ainsi que le mobilier de la chapelle. La nef mesure à cette époque 15,6m de long auquel se rajoute le chœur et l’abside soit 7,2 m. La longueur totale de l’église est donc de 22,8 m de long. L’inventaire du mobilier fait état d’un calice d’argent et sa paterne, deux ciboires, six chandeliers de cuivre, un encensoir en cuivre avec sa navette et deux bénitiers de cuivre, plusieurs bancs, un pupitre, quelques statues et une cloche se trouvant dans le clocher. L’édifice sera vendu pour 1 244 livres. Le mobilier estimé à 720 livres ne fait pas partie de la vente et sera emporté au profit de la République.
Il faut attendre 1827 pour que la chapelle devienne propriété des fabriciens d’Arnage, c’est-à-dire les membres du conseil paroissial. En 1834, la chapelle subit des aménagements : la tour du clocher est reconstruite et une cloche est réinstallée, ainsi qu’une tribune, des chaises et un grand autel. En 1847, une ordonnance royale et épiscopale confère à Arnage le statut de paroisse, la chapelle devient église paroissiale. S’ensuit en 1854 des transformations importantes avec la construction du chœur, d’un transept et d’une sacristie qui lui donne sa configuration actuelle.
Le XXe siècle marque l’église par un temps de reconstruction après la Seconde Guerre mondiale et un temps de restauration importante dans les années 1980 -1990. En 1979, l’inscription funéraire de Jacque Monceaux, notaire royale décédé le 2 février 1644, présent dans la nef de l’église, est classée monument historique. C’est ce classement qui lança la campagne de restauration de l’église qui coutera environ 900 000 F. La restauration de l’extérieur de l’édifice, à partir de 1981, ont permis en 1988 de faire apparaitre les baies romanes. Les années 90 ont servis à la restauration de la totalité de l’intérieur de l’Eglise en reprenant les couleurs des fresques romanes retrouvées.
Aujourd’hui l’église d’Arnage a été rattachée à la paroisse d’Allonnes mais elle reste un joyau de l’architecture sarthoise et un exemple de l’histoire particulière des paroisses de notre diocèse.
Bibliographie
MENIN Marcel, En ses aspects humains, Pontlieue et Arnage : ancienne paroisse rurale du Maine, Le Mans, Impr. Monnoyer, 1968.
FROGER Louis, « Le culte public à Arnage avant 1789 », Revue historique et archéologique du Maine, vol.60, 1906, p.24-37
Regards sur Arnage, 45-Malesherbes, Impr. Maury (impr), 2003.
Arnage : du hameau à la commune, [s.l.], s.n., 1990.
Eglise de Sarthe, Fonds Davoust, Classeur 1, Arnage (30-31), Archives historiques du diocèse du Mans.
Histoire de l’église d’Arnage, ITF (impr), 1997.
L'église Saint-Gilles d'Arnage dans les archives
Croquis du plan d’agrandissement de l’église en 1852 juste avant la création de la commune d’Arnage © 1P08 Fonds Paroisse d’Arnage – ADM
10 août 1882, Facture des cloches fondues par l’entreprise Bollée © 1P08 Fonds Paroisse d’Arnage – ADM
15 septembre 1900, Plan de l’église incluant un projet de construction d’une nouvelle sacristie © 1P08 Fonds Paroisse d’Arnage – ADM
L'église Saint-Gilles d'Arnage dans la paroisse
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