11h 00 – 11.11.1918 : les clairons sonnent la fin de la 1ère guerre mondiale

 

Pendant 4 ans, les obus et les baïonnettes transpercent le ciel et les cœurs, faisant 18,6 millions de morts.
Parmi eux, 9,7 millions de soldats vivent l’enfer des tranchées, dans la boue, le froid, la mort.
Comment survivre ? Où trouver l’espoir ? 

© Diocèse aux armées

La foi pendant la Grande Guerre

La foi est pour beaucoup d’entre eux la seule source d’espérance. En témoignent les nombreux objets religieux fabriqués par les soldats, comme des crucifix ou des médailles avec des matériaux de guerre.
Un véritable réveil religieux se produit.
Nous constatons un retour à la dévotion, aussi bien au front que dans tout le pays.
Dès 1914, L’Union Sacrée à laquelle appelle le président de la république, Raymond Poincaré, touche les relations tendues entre l’Eglise catholique et l’état français anticlérical, depuis la loi de “Séparation des Eglises et de l’Etat” de 1905.

Les évêques bénissent les régiments partant au front, dans lesquels sont enrôlés de nombreux prêtres et religieux mobilisés.
Les religieux, exilés du fait des lois de 1901 et 1904, répondent à l’appel de mobilisation et reviennent soutenir la patrie.

Au front les aumôniers de guerre sont également présents. Ils accompagnent blessés et mourants, célèbrent les funérailles, et l’Eucharistie.
Les messes sont célébrées dans les bois, les cavernes, ou les églises des villages de cantonnement.
Dans leurs lettres, les poilus témoignent de l’importance de la présence du clergé, y compris chez les moins pratiquants ou les athées. Les aumôniers, par leurs engagements de prêtre et de soldat, incarnent la présence de Dieu au côté des combattants
L’un des plus connus, le père Daniel Brottier (qui sauva les Orphelins Apprentis d’Auteuil),  non mobilisable en raison de ses graves problèmes de santé, choisit de s’engager dans le corps des aumôniers volontaires créé par Albert de Mun. Il rejoint la 26ème Division d’Infanterie et passe la guerre dans les tranchées avec les soldats. Il créé après la guerre l’Union Nationale des Combattants.

© Diocèse aux armées

La dévotion aux saints

Dans l’horreur des tranchées, se tourner vers Dieu est souvent la seule source d’espoir des soldats.
La dévotion envers la Vierge Marie se renforce car elle représente la douceur, dont les troupes manquent cruellement, ainsi qu’envers Jeanne d’Arc qui incarne le courage et la force dont doivent faire preuve les soldats. Un livret de prière catholique est rédigé en 1916 par le père Lenoir. Il porte en épigraphe la phrase de Jeanne d’Arc : “ Les hommes d’armes batailleront et Dieu donnera la victoire.”

L’affection pour sœur Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face, future sainte Thérèse de Lisieux grandit.
Plus de deux-mille lettres sont envoyées au Carmel de Lisieux. Depuis la publication du livre L’histoire d’une âme de sœur Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face en 1898, la renommée de la « petite Thérèse » n’a cessé de s’étendre en France et en Europe.

Les sœurs du Carmel appellent ces lettres des “ roses” car sœur Thérèse avait promis “ de passer son ciel à faire du bien sur la Terre” et “une pluie de roses”.
Dans ces milliers de lettres, provenant des différents fronts comme de l’arrière, s’expriment les angoisses, les horreurs de la guerre mais également toute la foi de ceux qui écrivent. Guérisons miraculeuses, retours à la foi ou conversions, protection, présence d’un parfum lors de neuvaines à sœur Thérèse… Les signes de son action sont innombrables.
Les soldats y sont si attachés qu’ils baptisent, un peu curieusement d’ailleurs, des tanks ou des canons au nom de la future sainte.

© Diocèse aux armées

Sources

Xavier BONIFACE, Histoire religieuse de la Grande Guerre, Fayard, 2014.
Sébastion VOGT, Mémoire “ La dévotion des combattants à la “petite sœur” Thérèse de Lisieux pendant la Première Guerre mondiale, Université de Strasbourg, 2012
Site du Centenaire , Les religions dans la Grande Guerre, 2018
Sanctuaire Sainte Thérèse , Père Daniel Brottier,

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