Coups de cœur de la bibliothèque

 La civilisation du poisson rouge, Bruno PATINO, Grasset

Le constat est général et touche toutes les générations : les écrans sont de plus plus en plus présents dans nos vies. Face à cet envahissement consenti ou imposé, qui s’est fait à une très grande vitesse et qui ne cesse de s’accentuer, il convient désormais de poser des limites. Le temps d’attention moyen estimé des personnes nées avec l’émergence de ces technologies est désormais de neuf secondes ! Derrière cet accaparement, se dessine un travail pernicieux et élaboré de la part des grandes multinationales de l’Internet pour rendre les utilisateurs toujours plus dépendants. Ils font de la sollicitation et de l’attention de leurs utilisateurs un véritable marché et développent une économie particulièrement lucrative. Il est désormais nécessaire d’élaborer des règles, afin de ne pas se soumettre à celles de ces entreprises, de se libérer d’une accélération du temps et des impératifs de l’hyper-connectivité. Ainsi pourra se redessiner un rapport juste aux nouvelles technologies et aux besoins humains fondamentaux.

Si la démocratie fait faillite, Raffaele SIMONE, Gallimard

Alors que les grandes démocraties semblent s’essouffler et s’enliser dans des crises politiques et économiques à répétition, ce livre vient judicieusement interroger le modèle démocratique (fantasmé et réel) et bon nombre des fondamentaux sur lesquels cet édifice est construit. Explorant les « fictions » qui structurent selon lui la démocratie, il pointe notamment la distance toujours plus grande entre le politique et les citoyens et le hiatus intellectuel qui se dessine entre les besoins pratiques de la délégation et le respect de la souveraineté des peuples. Une réflexion stimulante, riche d’exemples, qui invite à redéfinir des communs, à revitaliser le « nous » plutôt que le « je » et à s’interroger sur le pouvoir politique et son avenir.

La Vache, un film de Mohamed HAMIDI

Fatah est un modeste paysan algérien. Suite à ses demandes répétées, il reçoit un jour une invitation de la part du Salon de l’agriculture pour présenter sa vache (qui porte de doux nom de Jacqueline) au concours de la plus belle bête dans sa catégorie. Seul bémol, il doit se rendre à la porte de Versailles à Paris par ses propres moyens. Qu’à cela ne tienne, soutenu par son village voici le brave qui prend la route. Débarqué en ferry à Marseille, le film suit la trace du duo improbable qu’il forme avec l’animal sur les petites routes de France. Cette épopée légère et rythmée est le prétexte à des rencontres improbables et cocasses et fait la part belle au dialogue entre le cultures.

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